En 2026, la Normandie célèbre le centenaire de la disparition de Claude Monet. Mais bien avant les Nymphéas et les cathédrales de Rouen, le jeune Monet apprenait à regarder le ciel à Honfleur — à quelques minutes, aujourd’hui, du Clos de Grâce. Honfleur et l’impressionnisme : le rapprochement paraît évident, et pourtant rares sont les visiteurs qui savent où chercher. Port, ruelles, chapelle, ferme-auberge sur la colline : ce que les peintres ont vu, on peut encore le voir. Voici un parcours en cinq étapes pour suivre leurs pas, sans jamais quitter le rythme tranquille d’un séjour au domaine.
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Temps de lecture : ~6 min
→ Honfleur et l’impressionnisme : pourquoi les peintres sont venus ?
→ Étape 1 — Le Vieux-Bassin et la Lieutenance
→ Étape 2 — La rue de la Bavole et les ruelles de la vieille ville
→ Étape 3 — Le musée Eugène Boudin
→ Étape 4 — La Côte de Grâce et la chapelle Notre-Dame de Grâce
→ Étape 5 — La Ferme Saint-Siméon, la table des peintres
→ Prolonger le parcours : Trouville, Étretat, Le Havre
→ Organiser son parcours depuis Le Clos de Grâce
→ FAQ — Honfleur et l’impressionnisme depuis Le Clos de Grâce
On dit souvent de Honfleur qu’elle est le berceau de l’impressionnisme. Le mouvement est officiellement né à Paris en 1874, lors de la première exposition des « impressionnistes » — mais c’est ici, dans les années 1850 et 1860, que se noue ce qui l’a rendu possible.
Eugène Boudin, né à Honfleur en 1824, peint le ciel et la lumière en plein air, sur le motif, quand la peinture académique reste enfermée dans l’atelier. Corot le surnomme « le roi des ciels ».
À la fin des années 1850, Boudin persuade un jeune caricaturiste du Havre, Claude Monet, de poser ses crayons et de planter son chevalet dehors. Autour d’eux gravitent Johan Barthold Jongkind, Gustave Courbet, Charles-François Daubigny et le poète Charles Baudelaire.
Boudin exposera d’ailleurs aux côtés de Monet lors de cette première exposition de 1874. Honfleur n’a pas inventé l’impressionnisme : elle en est l’un des hauts lieux, l’atelier à ciel ouvert où des regards se sont éduqués.
Le parcours commence là où les peintres installaient leurs chevalets : sur le port. L’Office de Tourisme a balisé un itinéraire « Sur les pas des peintres », jalonné de quatorze panneaux d’observation où des tableaux peints sur le motif à l’époque dialoguent avec la vue réelle, de la cité médiévale à la jetée (la brochure est téléchargeable sur le site de l’Office de Tourisme de Honfleur).
Monet y a peint la Lieutenance dès 1864 ; Jongkind et Boudin ont, eux, décliné le bassin sous toutes les lumières. Le meilleur test : se placer devant un panneau, lever les yeux, et constater que les façades ont à peine changé.
Une rue sans prétention a fait l’objet de deux tableaux de Monet en 1864, aujourd’hui conservés à Boston et à Mannheim : la rue de la Bavole (« Bavolle » dans le titre des toiles). Monet a 23 ans, il vient de quitter l’atelier de Gleyre à Paris, et son voyage vers la Normandie s’arrête à Honfleur. Retrouver la rue, c’est mesurer ce qui a changé et ce qui n’a pas bougé : l’étroitesse, les ardoises, et cette lumière de début d’après-midi que le peintre avait choisie pour dessiner ses ombres.
Fondé en 1868 à l’initiative de Louis-Alexandre Dubourg, avec le soutien de Boudin, le musée rassemble des peintres de Honfleur et de l’estuaire — Cals, Dubourg, Jongkind, Monet, Courbet, Dufy, Vallotton, entre autres — ainsi qu’une centaine d’œuvres de Boudin lui-même, légués à sa ville natale. C’est là que l’on prend la mesure de ses ciels. Comptez une heure à une heure trente ; des audioguides existent en français et en anglais, et un Pass’ Musées relie le musée aux Maisons Satie et aux musées du Vieux Honfleur. Le musée est fermé le mardi.
On quitte la ville pour monter, comme eux. Le 14 septembre 1864, Monet et Jongkind plantent leurs chevalets côte à côte devant la chapelle Notre-Dame de Grâce ; Monet en tirera un tableau. Depuis la Côte de Grâce, la vue embrasse l’estuaire de la Seine, que la poétesse honfleuraise Lucie Delarue-Mardrus appelait « l’Estuaire aux sept couleurs ». C’est sur ces hauteurs de Honfleur que se trouve Le Clos de Grâce : le domaine du Val la Reine est à environ cinq minutes en voiture de la chapelle.
Dernière étape, un peu plus haut : la Ferme Saint-Siméon. Dès 1825, la mère Toutain y reçoit les peintres de passage — Boudin, Jongkind, Corot, Courbet, Bazille, Monet, Daubigny — qui s’y attardent des heures, une eau-de-vie de pomme à la main, après avoir posé leurs pinceaux. Monet en a peint la route (« Route près de la ferme Saint-Siméon », 1864, aujourd’hui au musée national d’Art occidental de Tokyo) et, quelques années plus tard, La Charrette, route sous la neige à Honfleur, conservée au musée d’Orsay. Devenue hôtel-restaurant-spa, la ferme propose notamment un atelier de peinture en plein air de deux heures, sur réservation, tous niveaux.
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Pour qui souhaite pousser plus loin, la Côte Fleurie prolonge naturellement le parcours : Boudin a peint les plages de Trouville et de Deauville (voir nos guides sur Trouville et Deauville), Monet a fait des falaises d’Étretat l’un de ses grands motifs (voir notre journée à Étretat), et de l’autre côté du Pont de Normandie, le MuMa du Havre conserve des vues de Honfleur signées Boudin et Jongkind. C’est aussi au Havre que Monet peint Impression, soleil levant, le tableau qui donnera son nom au mouvement.
→ Une journée à Deauville
→ Une journée à Trouville
→ Une journée à Étretat (article à venir)
Ce parcours s’adresse aux amateurs de peinture comme aux simples curieux : couples en quête d’une journée culturelle à rythme tranquille, voyageurs internationaux venus « voir les lieux de Monet », amateurs d’histoire de l’art qui préfèrent comprendre un paysage plutôt que cocher une liste.
Comptez une journée confortable : le matin pour le port, la rue de la Bavole et le musée (étapes 1 à 3), l’après-midi pour la Côte de Grâce et la Ferme Saint-Siméon (étapes 4 et 5), avant de rentrer au domaine profiter de la piscine chauffée à 29°C. Pour un séjour de 3 à 5 nuits, ce parcours s’associe parfaitement à une journée à Trouville et à une excursion à Étretat, sans jamais renoncer au calme du soir.
Le mouvement est né à Paris en 1874, mais Honfleur en est l'un des hauts lieux : Eugène Boudin, natif de la ville, y a initié le jeune Claude Monet à la peinture en plein air, et la Ferme Saint-Siméon a réuni la plupart de ces peintres dans les années 1860.
Non, ce n'est pas l'approche du Clos de Grâce : l'absence de programme imposé fait justement partie du principe, chacun composant son propre rythme à partir des équipements du domaine.
Une grande partie des toiles est conservée hors de Honfleur : La Charrette de Monet au musée d'Orsay, la rue de la Bavole à Boston et à Mannheim, des vues de Boudin et de Jongkind au MuMa du Havre. Le musée Eugène Boudin présente de son côté une centaine d'œuvres de Boudin et des peintres de l'estuaire.
Oui, l'itinéraire de l'Office de Tourisme est balisé par quatorze panneaux d'observation et accompagné d'une brochure téléchargeable : il se parcourt librement, à son rythme.
Il est ouvert tous les jours sauf le mardi (avec une fermeture annuelle en début d'année et quelques jours fériés) ; un Pass' Musées couvre aussi les Maisons Satie et les musées du Vieux Honfleur. Mieux vaut vérifier les horaires du jour avant de venir.
Oui, la Ferme Saint-Siméon propose un atelier de peinture en plein air de deux heures, sur réservation et pour tous les niveaux, sur les pas des impressionnistes.
Suivre les peintres le jour, retrouver le silence du domaine le soir : voilà peut-être la plus belle façon de comprendre pourquoi ils sont restés. Réservez 3 à 5 nuits en direct sur leclosdegrace.com.